Essling (par Carabino)

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Essling (par Carabino)

Message par Gérard Bouchard le Lun 14 Déc - 18:08

voici un RP écrit cet après-midi. L'action se déroule durant la bataille d'Essling et tous les mouvements de troupes mentionnés sont rigoureusement authentiques !  Pour plus d'infos sur la bataille : http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_d%27Essling
Je suis pas très bon pour choisir les musiques, donc elles sont plus ou moins optionnelles à la lecture  :wink2:


http://www.youtube.com/watch?v=ASj81daun5Q jusqu’à pistolet

Tu es un soldat français de la Division Masséna, tu as 22 ans mais déjà 5 ans de service derrière toi. Tu as fait ton baptême du feu sous le soleil d’Austerlitz, alors simple fifre de la ligne. Tu n’es pas très instruit, mais tous les dimanches, le caporal lit aux hommes le bulletin de la Grande Armée et alors tu découvres le schéma global de ces batailles et conquêtes où tu n’es qu’un pion. Cela te donne le vertige et tu as une confiance absolue envers l’Empereur, que tes camarades et toi voyez avant chaque bataille, vous surplombant dans ces habits si simples comparés aux chamarrés de son état-major. Vous êtes remplis de fierté de sentir son regard dans votre nuque lors de l’assaut. Tu es un chanceux, un vernis, tu n’as jamais été blessé une seule fois. Pourtant tu en as vu des camarades s’effondrer à tes côtés, jusqu’à ton capitaine, traversé de part en part par un boulet à Iéna. Aujourd’hui alors que tu montes à l’assaut de ce petit village d’Aspern, tu as confiance en ta bonne étoile et tu oublies cette peur viscérale qui déchire les entrailles. Tu arrêtes de penser et tu entends l’ordre « Feu ! ». Tu tires et la fumée âcre te fait pleurer mais tu es presque sûr d’avoir eu l’autrichien en blanc que tu visais. Mais déjà, l’officier ordonne la charge et tu coures à travers le champ qui te sépare de la première maison. Après un coup d’œil aux fenêtres et aux camarades qui te suivent, tu casses la porte d’un coup de crosse et enfonce à l’épaule la porte. Immédiatement, tu avises un autrichien, totalement stupéfait de ton apparition, interrompant son rechargement. Le moment est irréel et le temps semble figé alors que  vous vous dévisagez. Un mouvement brusque de sa part rompt ce flottement et tu lui enfonces dans un craquement ta baïonnette dans le torse. Tes camarades sont dans les autres pièces, tu entends leurs pas précipités et des cris de douleur. Tu te penches alors sur ton autrichien, pensant au contenu de son havresac ou de sa giberne, quand tout à coup, ta gorge est traversée de part en part par un acier froid et râpeux, tu te retournes en t’écroulant sur le dos, tes mains cherchant désespérément à contenir ce flot chaud s’échappant de ta carotide et tout en suffoquant, tu vois un jeune tambour autrichien, une baïonnette à la main marbrée de ton sang, qui te regarde absolument bouleversé par son acte. Tu ne ressens plus rien, les sons s’estompent et ta vue se brouille, tandis que ton corps s’engourdit et que ton cœur continue de projeter ton sang sur les murs. Le jeune tambour est à genoux devant toi pleurant comme l’enfant qu’il est, et tu ne verras pas ton lieutenant lui fracasser le crâne d’un coup de pistolet.

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Tu es un officier autrichien. Tu es le benjamin de trois fils et ton père t’a toujours considéré comme le plus faible. Te sachant d’emblée sans héritage, et aussi pour désespérément prouver ta valeur à ton géniteur, tu as choisi le métier des armes. Aujourd’hui, tu fais ton baptême du feu sous les ordres de Hiller, ton mentor à l’Académie. Tu sais que les yeux de l’Archiduc Charles sont posés sur ta colonne alors que vous montez à l’assaut du bourg d’Aspern. Tu ne ressens aucune peur car tu es jeune et écervelé. Tu cries les ordres à tes hommes de ta petite voix frêle que tu essayes de rendre plus grave. Plein de confiance, tu t’élances du sous-bois vers le village, trop en confiance tu as précédé l’ordre du capitaine et tes hommes ne te suivent pas. Alors que tu tournes la tête vers eux, ton regard enfiévré rempli d’incompréhension, une balle te traverse les maxillaires de part en part et tu t’effondres dans la glaise. Tu vois alors tes hommes s’avancer ainsi que les autres colonnes, indifférents à ton sort. Tu meurs comme tu as vécu, doucement, gentiment et en hoquetant du sang par le trou béant qu’étaient ton nez et ta bouche.

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http://www.youtube.com/watch?v=HlzQUF6VjAk jusqu’à damné hussard
https://www.youtube.com/watch?v=QcfIroNI3NU

Tu es un hussard français et tu suis à bride abattue ton brigadier, chargeant l’artillerie autrichienne. Tu le sais, votre vitesse est votre atout et le canon en face ne pourra tirer qu’un coup avant que vous ne soyez au contact. Alors que tu galopes, tu entends tinter dans tes fontes l’argent gagné au jeu sur ces mauvais perdants de cuirassiers. Tu souris en y pensant et peu à peu, du fait de ta nervosité, tu ris à gorge déployée. C’est sur ce rire que te faucheras l’unique boulet tiré par le canon. Tu meurs sans t’en rendre compte, le sourire aux lèvres, et ta précieuse fonte sera vidée par les voltigeurs.
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Tu es un servant autrichien. Vous avez tellement tiré depuis ce matin, que tu respires à grand peine, tellement tes poumons et ta gorge sont obstrués par le salpêtre et la poudre. Tu ne réfléchis plus et tu prends un énième boulet pour l’engager, tu es tellement concentré, tellement ailleurs, que tu ne vois pas tes camarades s’enfuir en courant, que tu ne ressens pas les vibrations sourdes du sol. Tu ne verras pas l’officier des cuirassiers menant la charge te décapiter d’un seul coup ample et ton cadavre réduit en charpie par des centaines de sabots.
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Tu es un cuirassier français dans la charge et tu observes ton colonel décapiter ce servant resté seul et immobile au canon, et tu pestes contre le fait que tu aurais pu te le faire celui-là. Tu pestes aussi contre ce hussard qui t’a pris ces 6 sous hier soir au bivouac et tu te promets de lui faire la peau. Tu contractes les épaules car vous arrivez de flanc à pleine vitesse dans l’infanterie de Hohenzollern. Le choc est effroyable et des fantassins sont disloqués comme des pantins par la puissance combinée des chevaux. Tu sabres à tout va mais tu ne touches personne, alors que ton cheval, s’effondre percé de coups. Tu tombes la face dans la boue spongieuse et tu t’évanouis. Tu te réveilleras plusieurs heures plus tard, sans une égratignure ni sang sur ton sabre, et profitera de la nuit pour rejoindre le bivouac, à la recherche de ce damné hussard.
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http://www.youtube.com/watch?v=xrMmGBaLdMQ jusqu’à cœur ou jeunes.

Tu es caporal depuis deux jours, et alors que tu marches dans l’imposante ligne, tu jettes des coups d’œil à ton galon sur ta manche, à tel point que tes vieux compagnons se moquent bruyamment de toi. Tu les ignores et tu marches bravement, décidé à étrenner ton grade. Tu ressens la puissance que dégagent ces milliers d’hommes qui avancent au même pas et au même moment. C’en est étouffant. Tu commandes le feu, précédant celui des autrichiens, qui s’effondrent par centaines tout le long de la ligne. Imperturbable et malgré les balles qui sifflent et se logent dans des hommes d’un claquement, tu marches, chaque homme au coude à coude, au rythme de François le petit tambour qui a le même âge que ton fils. La ligne autrichienne est bousculée et décroche peu à peu. Alors tu entonnes d’une voix forte la Marche de l’Empereur et le tambour accélère la cadence. L’effet est hallucinant et plus rien ne compte d’autre que cette masse d’hommes coordonnés et avançant inexorablement. Pris dans cette frénésie, tu ne vois pas l’Archiduc Charles charger en personne, les couleurs à la main, avec sa réserve. Te croyant dans un rêve, tu sombres dans les ténèbres quand l’épée de l’Archiduc s’enfonce de ton épaule jusqu’au cœur.

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Tu es un sapeur du Génie. Charpentier de métier, cela fait 6 ans que tu es dans ce régiment. Tu vis pour l’Armée et l’Empereur. Rien ne compte plus pour toi que ce pont que vous consolidez sur le Danube pour permettre au corps de Lannes de passer. Tes mains sont abimées, déchirées par le labeur mais tu ne t’arrêtes pas et tu scies, tu cloues, tu martèles. Seuls les bruits de constructions résonnent et pas un de tes camarades ne parle pendant l’effort. Vous êtes tellement concentrés à la tâche que vous ne voyez pas arriver, portés par le courant, de lourds chalands lâchés en amont par les Autrichiens. Ils brisent les piliers du pont, et vous précipitent dans le fleuve. Assommé par le choc,  tu te noie sans gloire et ton corps s’échouera dans quelques semaines sur les quais de Vienne provoquant l’effroi des dames et les quolibets des jeunes.

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http://www.youtube.com/watch?v=l5cF5GGqVWo jusqu’à la fin.
Tu es le général Pouzet. Cela fait 20 ans que tu n’as pas quitté la guerre, depuis ce jour de juillet 1789 où tu t’es engagé comme simple volontaire. Tu te promènes sur le champ de bataille avec ton ami de 16 ans, partageant le même parcours que le tien, le Maréchal Jean Lannes. Vous observez les voltigeurs pillant les havresacs des morts. Alors que le soleil décline, le combat touche à sa fin et les tirs au loin se font sporadiques. Soudain, une balle perdue t’atteint en plein front et tu t’effondres foudroyé. Tu ne verras pas ton ami Lannes tomber à genoux à coté devant ton corps, puis, bouleversé, s’adosser à une butte plus loin, où un boulet de 6 livres, après un ricochet hasardeux, mettra un terme à sa vie.


Générique :
http://www.youtube.com/watch?v=RGWB3MGz3aA&playnext=1&list=PL3AF71B3349206718&feature=results_main


Par Carabino

Gérard Bouchard

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