Non nobis, domine... (par Nade)

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Non nobis, domine... (par Nade)

Message par Gérard Bouchard le Lun 14 Déc - 17:49

https://www.youtube.com/watch?v=mU9cNPj394w


« Alors Jésus lui dit: Remets ton épée dans le fourreau; car tous ceux qui prendront l'épée périront par l'épée. »


« -Je suis Ṣalāḥ ad-Dīn, Sultan d'Egypte et de Syrie, et toi, qui es tu ?
- Je suis Renaud de Chatillon...
- Je sais qui tu es, mais tu ne mérites plus d'être, puisse un Dieu avoir pitié de toi. »




Les murailles millénaires de Jérusalem se détachaient à l'horizon. Les dômes des églises et des mosquées formaient une mer houleuse sous le ciel étoilé des États Latins d'Orient.
La nouvelle du massacre de Hattin avait vite fait grand bruit, la ville bouillonnait, les maigres défenses s'organisaient tant bien que mal, on armait tout homme en age de manier la pique, on réquisitionnait vivres et bétail en vue du siège qui s’annonçait imminent.


«- Jérusalem... j'espère ne pas être arrivé en Terre Sainte dans le seul but d'être un témoin privilégié de sa chute. Père Tout Puissant, donnez moi la force de protéger le royaume de votre fils. »

L'homme progressait difficilement en direction de la forteresse de la cité.

« - Pardonnez-moi, messire, mais vous ne pouvez entrer sans laisser passer !
- Mon laisser passer coule dans mes veines, Jérusalem ne peut se passer de l'épée d'un chevalier, pas maintenant ! »

Il marchait d'un pas déterminé dans le dédale de couloirs du château. De l’entrebâillement d'une porte il pouvait entendre des bribes de discussion, il était au bon endroit.

« - Je n'ai pas le temps pour ces formalités mon père !
- Mais Seigneur Balian, il ne suffit pas d'adouber un homme pour en faire un soldat de Dieu !
- Mais c'est suffisant pour en faire un défenseur de Jérusalem ! »

Il poussa la porte, la discussion cessa aussitôt. Les deux hommes se tournèrent vers lui, interloqués.

« - Mais qui êtes-vous ? Lâcha l'homme d'église.

- Mon père, laissez nous un instant je vous prie. Dit Balian
Pardonnez la froideur du Patriarche Hieraclus, mais malheureusement l'heure n'est guère adaptée aux révérences.

- N'ayez crainte messire, je ne suis pas venu en Terre Sainte pour y trouver une vie de cour.

- Sur champ d'azur semé de billettes d'or sans nombre, un lion d'or rampant, armé et lampassé de gueules... Je ne connais pas cette maison.

- J'appartiens à la maison de Hohenstaufen.

- Serais-tu fils de Frédéric Ier ?

- Je suis Arnaud de Faucogney, son bâtard, je ne suis rien de plus qu'un chevalier du Palatinat de Bourgogne.

- Un chevalier... une plante rare à Jérusalem depuis Hattin, peu d'entre nous y ont survécu, moins encore ont retrouvé le chemin de Jérusalem et la volonté d'honorer leur serment de défendre le tombeau du Christ. Quel hôte, fais-je, je t'en prie, pose tes affaires et assieds toi, tu dois être éreinté et mort de soif.

- Je vous remercie.

- Je t'en prie, parle moi comme à ton égal et ami.

- Je viens t'aider à défendre Jérusalem, mon épée est tienne Balian ! Quelle était cette affaire dont tu t'entretenais avec le Patriarche au sujet d'adoubement ?

- Nous n'avons aucun chevalier pour défendre la cité, nous sommes 4 depuis ton arrivée, mais je sais que le cœur des hommes est facilement inflammable. Adouber des bourgeois leur donnerait le courage et la foi nécessaire pour défendre la cité, mais tu connais les hommes d'Eglise, ils n'ont que les traditions en tête.

- Un homme devient une bête si l'on lui donne une cause à défendre en même temps qu'une épée pour combattre, adoube-le et cette cause sera renforcée de son honneur. Quel est le rapport de force ?

- Dois-je te l'annoncer maintenant ou attendre que la ville soit assiégée pour que tu ne puisses plus t'enfuir ?

- Ne crains rien, je ne suis pas ici pour m'esquiver au moindre danger.

- Jérusalem dispose de 4 chevaliers, mais comme je te l'ai dit, je prévois d'en adouber près de 100
de plus, nous avons quelques centaines de sergents d'armes, une poignée de templiers et d'écuyers et quelques milliers d'hommes en arme, tout ceci ne dépasse pas les 6000 âmes.

- Et les musulmans ?

- Ils étaient plus de 40 000 à Hattin, ils seront aussi nombreux à nos portes. J'aurais pu m'enfuir
avec ma femme et mes enfants, me réfugier à Tripoli et livrer la ville, mais j'ai reçu une mission, non pas de Dieu, mais des hommes, et crois moi, Arnaud de Faucogney, elle est la plus importante de mes quête.

- Je te crois Balian d'Ibelin, et c'est un honneur pour moi d'y prendre part »

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Gérard Bouchard

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Date d'inscription : 01/07/2013

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